Plus précisément : dans le best off du Hors-Série N°2 de Famille Chrétienne « Comment se faire des amis au-delà de Facebook ».

Lancée il y a presque 1 an déjà, l’application mobile Carpe Deum connaît un vif succès avec plus de 6.000 utilisateurs réguliers, un contenu très fourni, des questions de foi, un outil de géolocalisation pour une messe la plus près de vous, l’annuaire des membres les plus proches, des intentions de prière pour lesquelles prient les utilisateurs…
Pourquoi avoir créé Carpe Deum ?
François Barber : Tout d’abord, parce que ça n’existait pas ! Plus sérieusement je dirais pour lutter contre la solitude dans la foi. Notre ambition est de « matérialiser la communion des Saints » ; vous voyez, nous visons haut…
Comment se compose votre équipe ?
Nous sommes deux, plus un prêtre et des bénévoles dont un perpignanais, très précieux, qui gère toute la base de données des textes du calendrier liturgique.
Comment l’application se présente-elle ?
Je dirais… comme un croisement improbable de réseau social, de fond, de fun, de prière et d’amitié… En plus elle est gratuite, simple, et je l’espère, attractive !
Quelles sont les principales fonctionnalités ?
Un contenu (textes, audio et vidéos) qui donne le ton et un réseau géolocalisé des personnes, des intentions de prière et des églises (Géomesse). Où qu’il soit, chacun peut prier, avec et pour les autres et – last but nos least – visualiser la Présence réelle du Seigneur autour de nous.
Quels contenus proposez-vous ?
Ça change tous les jours mais on y retrouve : l’évangile du jour (avec une version audio assez chouette), une méditation inédite, une citation pour réfléchir et une vidéo (le Kiosque), scannée dans l’actu du web et accompagnée d’une petite réflexion spirituelle, histoire de révéler le « divin » qui se cache derrière l’évènement le plus ordinaire. Nous proposons également un carnet de prières fourni, une rubrique « Questions de foi » pour mieux connaître le catéchisme, un calendrier et la base Géomesse à laquelle chacun peut apporter sa contribution.

En quoi cela participe-t-il à la nouvelle évangélisation ?
Évangéliser signifie avant tout : proclamer la bonne nouvelle. En réchauffant la « température spirituelle » des visiteurs, Carpe Deum espère réchauffer celle de leur entourage et ainsi de suite, en cercles concentriques, jusqu’aux plus isolés. Ce qui est nouveau c’est, comme je le disais, de « matérialiser la communion des saints » sur un téléphone, dans un bus, un métro, au bureau, au sommet d’une montagne ou sur une plage de sable fin… bref, partout!
Je dois rajouter ici que, outre l’appui de plusieurs évêques de l’Église de France, nous venons d’obtenir le soutien de la FEM (la Fondation pour l’Évangélisation par les Médias), une institution qui collabore avec le Conseil pontifical pour les communications sociales et le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation. Cette reconnaissance nous renforce dans la conviction que Carpe Deum est bel et bien un bon outil au service de la nouvelle évangélisation.
Comment les non-encore-croyants peuvent-ils être touchés ?
Par ceux de leurs amis qui sont sur Carpe Deum et qui pourront leur montrer que les cathos sont « comme les autres », qu’ils savent eux aussi adopter un ton libre et décomplexé. S’ils voient en plus que les chrétiens prient les uns pour les autres et pour eux (c’est le but de la rubrique Intentions de prières), ils seront touchés. La rubrique Parole d’homme et les vidéos commentées du Kiosque sont aussi de bonnes portes d’entrée spirituelle…
Comment est intégré l’aspect localisation, que permet-il ?
Je précise tout de suite que la « localisation » des personnes est optionnelle. Elle permet de prendre vraiment conscience que l’on est entouré. N’oublions pas que Benoît XVI nous dit que la foi se vit ensemble. Quand vous voyez par exemple, puisque c’est possible de le signaler sur Carpe Deum, que tel ou tel est passé dans une église, ou voit que vous y êtes passé, cela donne un indice de vie qui peut déboucher sur une (re)prise de contact avec la vie en paroisse. Le but de tout cela étant bien sûr de passer du virtuel au réel.
Et rassurez-vous, l’intimité de chacun – la « privacy » comme disent nos amis anglais – est respectée car Carpe Deum n’est pas « googlisé ».
Combien de personnes ont téléchargé l’application ?
Nous avons aujourd’hui plus de 6.000 utilisateurs réguliers mais le bébé n’a que 10 mois, il va grandir ! Nos visiteurs se répartissent entre le site web mobile (m.carpedeum.fr) qui ne nécessite aucun téléchargement et bien sûr l’Iphone.
Qu’attendez-vous des sites et blogs chrétiens ?
Eh bien qu’ils nous aident à faire connaître Carpe Deum par exemple J ! Plus on est nombreux sur le site et l’application, plus la température spirituelle monte : plus de vie, plus d’échanges, plus de partages, plus de communion des saints, bref… plus d’évangélisation !
Le bienheureux John Henry Newman fait aujourd’hui 10 avril la Une de Wikipédia, après Sainte Catherine de Sienne pour la Journée de la femme et Saint Jean de la Croix les 8 et 9 mars 2012… C’est le fruit d’un contributeur de Wikipédia qui s’appelle Babouba. Nous sommes allés à sa rencontre.
Depuis quand contribues-tu sur Wikipédia et pourquoi ?
A l’origine je voulais créer un article sur Estelle Satabin, une femme extraordinaire que j’ai connue jeune. Or sur Wikipédia mon article a été considéré comme « non neutre », et proposé à la suppression. J’ai voulu débattre pour défendre mon article, mais je n’étais pas inscrit : j’ai donc décidé de m’inscrire le 23 décembre 2006 ! Très vite j’ai voulu améliorer les articles principalement sur le thème catholique : des petites modifications, des changements concernant des détails à des informations plus précises et je suis progressivement devenu wiki-accro !
J’ai continué en développant un ou deux articles pour les faires correspondre aux critères de « bons articles ». Or les règles de Wikipédia sont exigeantes : ils demandent une information vérifiable (donc il faut des sources à citer : soit des livres, des articles ou des liens internet vérifiables), il faut traiter complètement un sujet, être « neutre ». J’ai obtenu depuis de nombreux labels, principalement sur la vie des saints (ma plus grande fierté est Charles de Foucauld).
Au fil du temps, et de mes contributions, j’ai pu, par la lecture et la rédaction des articles Wikipédia, découvrir et approfondir ma connaissance des saints, et en trouver un vrai enrichissement personnel ! De plus le fait de pouvoir partager cette connaissance est une vraie richesse : Wikipédia permet un accès gratuit à tous partout et permet que mes lectures soient partagées, c’est aussi l’un des avantages.
En quoi cela peut-il permettre d’annoncer le Christ aux non-encore-croyants ?
Soyons clair, l’objectif de Wikipédia n’est pas de faire du prosélytisme, il s’agit d’une encyclopédie. Cela requiert de la part des personnes qui contribuent une « neutralité » dans l’analyse du sujet. Il ne s’agit pas de dire que John Henry Newman est un grand saint, magnifique, parfait, comme l’ont fait les hagiographes, mais de décrire sa vie et de tenter de la décrire de la façon la plus objective possible en se référant à des écrits.
Faire un article requiert de la distance : il ne s’agit pas de décrire son point de vue, mais décrire au mieux ce que l’on dit sur la personne en évitant des jugements de valeur (ce qui est très difficile, on s’attache vite aux saints dont on lit la vie).
Prenons l’exemple de Catherine de Sienne : je décris la croyance de Catherine de Sienne en m’appuyant sur ses écrits mais je ne fais pas une déclaration de foi personnelle, je ne fais que décrire une réalité : »Dans ses écrits et les conseils spirituels qu’elle y donne, elle mentionne à différentes reprises l’existence de cette cellule intérieure, comme dans la lettre 223 à Alessia où elle affirme « Fais-toi, ma fille, deux habitations : l’une dans ta cellule, pour ne pas aller causer de tous les côtés, et pour n’en sortir que par nécessité, par obéissance à la prieure, ou par charité. Fais-toi une autre habitation spirituelle que tu porteras toujours avec toi : c’est la cellule de la vraie connaissance de toi-même. Tu y trouveras la connaissance de la bonté de Dieu à ton égard ; ce sont deux cellules dans une ; et, en étant dans une, il ne faut pas quitter l’autre, car l’âme tomberait ainsi dans le trouble et la présomption. » Elle affirme la nécessité d’entrer en soi-même afin d’« habiter par habitude » pour agir en union avec Dieu. Cette habitation de Dieu en l’âme est centrale pour Catherine de Sienne dans la mesure où elle conduit à « posséder Dieu » » Dans cet exemple la neutralité consiste en décrire la conception, citation à l’appui, sans être affirmatif.
Les articles ne se veulent donc pas une évangélisation ou une annonce aux non-croyants en tant que tel. Mais si les articles les poussent à mieux comprendre la réalité qu’on vécu des saints, et à travers leurs spiritualités découvrent des richesses pour leurs vies, si cela permet de mieux découvrir la richesse du christianisme et qu’ils veulent l’approfondir après tant mieux !
Cela participe de la même manière à l’engagement des laïcs dans la cité promu par le Concile Vatican II dans la déclaration Apostolicam Actuositatem : « Coopération avec les autres chrétiens et les non-chrétiens : Les valeurs humaines communes réclament aussi de la part des chrétiens qui poursuivent des fins apostoliques une coopération de ce genre avec ceux qui ne professent pas le christianisme mais reconnaissent ces valeurs. Par cette coopération dynamique et prudente, particulièrement importante dans les activités temporelles, les laïcs apportent un témoignage au Christ Sauveur du monde et à l’unité de la famille humaine. »
Quelles sont les règles pour parvenir à contribuer efficacement sur Wikipédia ?
Les règles pour contribuer efficacement sur Wikipédia, sont en premier lieu de la patience pour découvrir les règles et les usages de Wikipédia ! Ces usages et ces règles sont souvent difficiles à comprendre au début et qui peuvent conduire à remettre en cause un bon travail, voir à décourager. Il est utile de demander, lors de l’inscription, l’aide d’un parrain qui peut aider à faire les premiers pas et éviter les écueils, voire de retenir les conseils précieux donnés en ligne (lire ici) ou de demander l’aide de la communauté du Projet catholique sur Wikipédia. Des pages sur les principes de neutralité ou la recherche des articles de qualité permettent de mieux comprendre ce qui est une bonne contribution. Il est aussi recommandé de toujours considérer que les critiques ou les remises en causes d’autres contributeurs sont positives ou de bonne foi : un article doit rechercher plus la vérité que la promotion ou la valorisation d’une organisation ou d’une personne, toute critique est donc à prendre avec attention.
Après plus on contribue, plus on entre dans la logique de Wikipédia : donc patience et persévérance sont les deux principaux critères pour bien contribuer et de développer la connaissance sur Wikipédia.
Un rêve, pour conclure ?
J’ai le rêve qu’il y ait plus de contributeurs chrétiens de Wikipédia : de nombreux articles chrétiens manquent cruellement de développement et restent des ébauches. C’est un pan entier de notre culture qui peut être transmise gratuitement : par exemple en améliorant l’article sur votre saint préféré : c’est un immense champ qui ne demande que des contributeurs ! Ainsi de nombreux articles sur l’histoire de l’Eglise, les conciles ou bien des congrégations ne demandent qu’à être développés et enrichis.
L’énorme richesse culturelle du christianisme et sous-développée dans Wikipédia par manque de contributeurs engagés. Cette transmission n’est pas que le fait de jeunes, il peut aussi l’être par des retraités et les femmes (sous représentés dans les contributeurs). Bref, il y a du boulot !
N.B. : l’évangélisation avec Wikipédia est abordée à la question n°28 dans Dieu et Internet, 40 questions pour mettre le feu web (p. 200)
Alors que se termine ce Carême 2012, voici une interview des Dominicains de Lille au sujet de leur Retraite dans la Ville organisée chaque année pendant cette période et qui intéresse de nombreux « chrétiens du seuil » : en 2010, 4 500 inscrits au minimum se définissaient comme « éloignés ou très éloignés de l’Église ».
– Quelle était l’idée de départ, en 2003 ?
Il s’agissait au début simplement de diffuser sur un site et par mail le
texte de conférences de Carême données au couvent chaque dimanche
du Carême par un frère (donc un texte assez long). L’évolution vers une
méditation quotidienne courte et l’abandon de la conférence donnée au
couvent s’est faite progressivement à partir de 2005, ainsi que l’ajout de
propositions nouvelles et complémentaires pour petit à petit constituer
une sorte de « monastère » sur Internet (office de vêpres des frères diffusé
sur le site, accompagnement spirituel, intentions de prière, blog…).
– Quel travail cela vous demande-t-il pendant l’année et pendant la
retraite ?
Distinguons trois phases :
1. Préparation lointaine, de la fin du temps pascal à octobre. Grand
brainstorming : que veut-on faire l’an prochain, quelles nouveautés
introduire, qu’est-ce qui a bien marché ou pas cette année, quel
devenir pour la maquette du site, quels frères à la coordination pour
l’année suivante ? Puis après l’été : choix des prédicateurs et des
frères pour toutes les fonctions de la Retraite (celui qui recrutera les
accompagnateurs, celui qui s’occupera de la communication, celui pour
l’envoi des mails quotidiens, pour l’animation du blog…)
2. Préparation prochaine, d’octobre jusqu’au Carême. Il s’agit pour les
prédicateurs de rédiger les méditations, pour les frères coordinateurs de
les relire et corriger (beaucoup d’allers-retours sont nécessaires, nous
sommes extrêmement exigeants sur le niveau et sur l’accessibilité des
méditations que nous proposons : elles sont en première page du site,
n’importe qui peut les lire. Il y a des mots qui peuvent blesser, d’autres qui
relèvent d’un vocabulaire « boutique catho » incompréhensible pour bien
des gens…). À la communication : rédiger un dossier de presse, affiches
et flyers à concevoir et imprimer, campagnes d’envois par courrier ou par
mail, dans les paroisses comme dans les rédactions. C’est aussi là que
le site évolue : lien avec nos fournisseurs, puis à l’approche du Carême
remplissage du site. Recrutement des accompagnateurs, formation aux
outils (plates-formes Spip et WordPress pour le site, DoList pour l’envoi
des mails)…
3. Pendant le Carême : beaucoup d’assistance aux utilisateurs. Pendant
les trois premières semaines de Carême, on reçoit environ 300 mails par
jour (hors demandes d’accompagnement spirituel) : des gens qui ne
reçoivent pas, qui n’arrivent pas à accéder à tel contenu, ou à écouter
le temps de prière… plein de questions ! Il y a aussi un travail quotidien
pour la préparation et l’envoi du mail du lendemain (pas totalement
automatique). Le dispatching des demandes d’accompagnement entre
les accompagnateurs. La modération et l’animation du blog. Réponses
aux journalistes, et animation sur Facebook et Twitter (un peu un job de
community manager !).
4. Après Pâques : travail de bilan, répondre au courrier (3 000 lettres l’an
dernier) qui continue à arriver pour la Retraite dans la Ville jusqu’à l’été.
– Quel est le succès rencontré ?
En 2003, 2000 personnes intéressées par les conférences, mais qui
ne pouvaient venir au couvent, s’inscrivent pour les recevoir par mail.
Surprise chez les frères qui ne s’attendaient pas à un tel succès, et prise
de conscience qu’il y a un coup à jouer, une demande de prédication sur
Internet à laquelle ils peuvent répondre. Sans refaire tout l’historique :
en 2008, 16 000 inscrits ; en 2009, 27 500 inscrits ; en 2010, 40 500 ;
en 2011 ; pratiquement 51 000 inscrits pour le mail quotidien. Et
sans compter les 900 000 connexions au site… De plus nous sommes
traduits, spontanément et bénévolement, au moins en vietnamien et en
portugais : la diffusion de la Retraite dans la Ville, dans une certaine
mesure, nous échappe.
– Avez-vous des retours de leur part ?
Oui ! Par le blog, par des mails ou par des lettres qui nous sont adressées.
Sur le blog, on voit de belles choses : les gens se répondent les uns aux
autres dans les commentaires, énoncent leurs doutes, s’encouragent
mutuellement… Ainsi, beaucoup de personnes au fur et à mesure
qu’avance le Carême disent qu’elles se sentent loin de Dieu, de l’Église,
ne se sont pas confessées depuis 20 ou 40 ans, n’ont pas mis les pieds
à la messe depuis 15 ans… Et puis reviennent après en disant : « Merci
pour vos encouragements, je suis allé me confesser », ou « Je vais aller
à la vigile pascale dans la paroisse de mon quartier ». Autre histoire :
l’an dernier, une dame nous a raconté avoir suivi toute la Retraite… et
son mari a demandé le baptême à la fin du Carême ! Un joli coup à deux
bandes.
– Vous êtes des frères « en chair et en os », vous évangélisez en
communauté : qu’est-ce que cela change dans votre évangélisation ?
Le fait de la faire à plusieurs ! C’est finalement assez rare pour nous de
le faire « en communauté » de manière aussi large. Pour ce qui est de la
prédication, la Retraite est une révolution : on demande à des frères qui
ont l’habitude de faire des bouquins, des conférences, et des homéliesfleuves…
de prêcher en 1 500 signes ! Il faut beaucoup d’humilité et de
charité fraternelle pour dire à un frère vénérable que sa méditation de tel
jour ne va pas du tout… et à ce dernier pour l’entendre !
Par ailleurs, le fait d’avoir des retours, immédiats au moyen des mails ou
des commentaires sur le blog, de la part des retraitants, est très nouveau
pour nous : on a rarement des commentaires aussi bruts de décoffrage à
la sortie de la messe sur l’homélie du jour…
Dans l’accompagnement spirituel, ces contacts avec les retraitants nous
permettent d’accéder à des questions, à des situations vécues et à des
gens que nous n’aurions jamais rencontrés s’il leur avait fallu pousser la
porte d’une église pour rencontrer un prêtre. Clairement, ce contact par
mail permet de dire certaines choses parfois indicibles, c’est un premier
pas important pour ces personnes, cela nous permet de désamorcer des
peurs (celle du regard de jugement), des tensions, des préjugés. C’est
aussi très nouveau comme type de contact et c’est un excellent sas
d’entrée dans l’Église.
– Que proposez-vous comme contenus ?
1. Le coeur du projet : une courte méditation quotidienne d’un verset
de l’Écriture. Pas de lien avec l’évangile de la liturgie : c’est une retraite
prêchée. Chaque frère prédicateur prend en charge une semaine et y
déploie sa prédication en sept jours à partir d’un parcours biblique qu’il
a choisi. Cette méditation est envoyée par mail, ou lisible sur le site, et
aussi enregistrée par le frère (flux podcast).
2. Le temps de prière : les vêpres du jour, chantées par les frères. Flux
podcast ou écoute sur le site avec le texte des psaumes, chants et
lectures qui défile.
3. Le blog : des articles pour présenter les frères, ou pour faire réagir les
retraitants à mesure que le Carême avance. La Retraite dans la Ville, ce
n’est pas un site, c’est d’abord des frères qui vivent !
4. Une rubrique « spi » : cette année, la rubrique « Père, dis-moi une
parole » proposait des conseils pratiques pour la vie chrétienne à la
lumière des enseignements des Pères du désert.
– En quoi est-ce une oeuvre d’évangélisation ?
Vaste question. Nous voyons deux choses :
1. Tout d’abord, il s’agit d’annoncer Jésus-Christ. Avec des mots, un
langage, des techniques nouvelles. Il y a un unique Christ Sauveur
à annoncer, aujourd’hui le même qu’hier et demain, mais on s’est
rapidement rendu compte que mettre en ligne le texte des conférences
ou de l’homélie du jour ne pouvait pas convenir et ne serait jamais de
l’évangélisation au sens propre. La première évangélisation se réalise
donc d’abord en nous : si nous ne vivons pas concrètement la vie du
Christ, nous serons incapables de le traduire dans les formes qu’Internet
nous oblige à assumer : concision des textes, qui doivent pouvoir se
lire aussi bien que s’écouter, aspect esthétique au top, adaptation aux
usages nomades du net… sinon les gens zappent et la Bonne Nouvelle
ne leur parvient pas.
2. Ensuite, la Retraite dans la Ville est une oeuvre d’évangélisation
parce qu’elle construit l’Église. Les retraitants témoignent de leur prise
de conscience, à travers les mails et le blog, qu’ils sont reliés les uns
aux autres. Non seulement avec nous, la communauté d’où part cette
prédication, mais aussi entre eux, et que cela peut les inciter à fréquenter
à nouveau leur communauté locale.
Par exemple, nous avons de nombreux témoignages de personnes qui
suivent la Retraite et l’impriment en plusieurs exemplaires, pour des
voisins, pour toute une maison de retraite qui suit ainsi collectivement
la Retraite dans la Ville, pour un groupe de lecture biblique qui se
réunit hebdomadairement et partage à partir des méditations que nous
proposons… Bref, il y a bien sûr du vertical descendant (notre prédication qui va vers les retraitants), mais aussi ascendant (le feedback, l’accompagnement
spirituel), et surtout de l’horizontal (quelque chose se passe pour les
retraitants entre eux et cela nous échappe) : il est réjouissant que ces
dimensions soient toutes honorées dans la Retraite dans la Ville.
Pour en savoir plus : www.retraitedanslaville.org
Retrouvez l’intégralité de cet entretien dans Dieu et Internet, 40 questions pour mettre le feu au web, p. 274 et suivantes.
Evangélisation directe : voici quelques extraits de conversations avec des internautes sur Facebook, tirés de Dieu et Internet. Une question du livre est en effet consacrée à l’évangélisation sur les réseaux sociaux (cf la table des matières).
Racha(*) : « Je veux tout savoir sur votre rencontre avec Jésus parce qu’en ce moment, beaucoup de personnes rêvent de prophètes et d’anges. En ce qui concerne le “noble Coran”, l’homme a essayé plusieurs fois de le modifier, mais n’a pas pu faire des recherches ; si vous ne me croyez pas, vous allez sûrement dire : comment se fait-il alors que le Coran ne soit pas modifié et que la Bible, si ? Mais c’est parce que le Coran est le dernier livre envoyé par le dernier prophète Mohamed, mais dites-vous bien que je n’essaye pas de vous détourner de votre religion ou un truc du genre, je respecte chaque religion… mais s’il vous plaît, je voudrais en savoir plus sur votre rencontre avec Jésus ! »
Selma : « Oh, moi j’ai rencontré quelque chose de beaucoup plus puissant, une entité suprême, une énergie suprême. Pour moi, TOUT est énergie. Point à la ligne. J’ai reçu un appel du Népal dans mes rêves, je dois m’y rendre et cela depuis quatre ans… Un signe ? Un destin, je ne sais pas… »
Geneviève : « Dieu, il oublie pas mal de personnes autour de moi qui souffrent, moralement ou physiquement… et puis bon, je suis catholique
par le choix de mes parents, j’ai baptisé mes quatre enfants, j’ai étudié la Bible avec les Témoins de Jéhovah… Je me suis fabriqué ma religion à moi, j’aime les gens, je veux les aider quand ils sont faibles, fragiles… après ? J’aime la vie et souhaite encore en profiter pleinement car, hélas, je ne crois pas en une vie après la mort… »
Patrick : « C’est donc à vous qu’il faut s’en prendre si on a une réclamation ? »
Alexandre : « Pas besoin de me raconter la vie de Jésus, j’ai été au caté je sais qui il est. Bientôt tu vas me dire d’aller à la messe tous les dimanches & de prier tous les soirs, c’est ça ? »
Chrystelle : « Il est où, Dieu, pour les SDF ? Les handicapés ? Les femmes et hommes battus ? Les enfants maltraités ? entre autres évidemment… »
Gwenny : « Désolée, je ne suis pas croyante, et comment pouvez-vous dire ça ? [...] Aucun Dieu ne m’aime, un point c’est tout. »
Séverine : « Et tu penses que juste parce que l’on prie, on a directement une vie éternelle ? C’est un peu facile !!! Tout le monde l’aurait ! »
Alina : « Je crois en Dieu, et il faut pas faire des blagues sur ça, svp. »
Lydie : « J’en pense rien, je suis athée. L’être humain est fragile, il a besoin de se raccrocher à quelque chose pour garder espoir [...], de toutes façons je crois ce que je vois, et toi ? Peux-tu prouver son existence ? [...] J’ai bien peur que mon côté “scientifique” ne laisse peu de place aux rêves, légendes ou mythes… j’ai besoin de concret pour croire, car la foi n’est pas une option digne de ce nom à mes yeux, et un simple “Je l’ai rencontré” n’est en aucun cas une preuve. La théorie de l’évolution, par contre, a amené beaucoup de réponses concrètes sur qui nous sommes… »
Elodie : « Je crois en Dieu et je suis pratiquante, je sais que Dieu nous aime et nous a créés pour un but précis, mais je ne pense pas qu’il nous rachète nos fautes. Mais ce que je comprends moins encore, c’est qu’il nous retire des personnes qui sont chères à nos coeurs, je ne vois pas là où il nous aime. Ça doit l’amuser de nous voir pleurer. Tu serais un genre de prêtre, un truc comme ça ? »
(*) Dans un souci de confidentialité, les prénoms ont tous été changés.
Dans CLES, Cyrille de Lasteyrie raconte comment il a pu diminuer son addiction à Internet…
« Prenez un homme ultraconnecté (c’est moi), dans la force de l’âge (41 ans), ôtez-lui ses jouets (iPhone, iPad, iPod, iMac), débranchez-le (Facebook, Twitter, blogs) et placez-le sept jours dans le silence absolu d’une abbaye cistercienne.
Précisez que cet homme ne croit plus en Dieu depuis ses 18 ans, vous obtenez des angoisses, des sueurs froides, d’énormes remises en question, des réflexions sur le sens de la vie, de la mort et du temps qui passe.
Chef d’entreprise, j’avais la tête pleine, le disque dur en surrégime, j’étais comme un hamster courant en apnée dans sa roue. Dans l’organisation de mon temps, Internet avait pris le pas sur la télévision, la lecture, le cinéma et l’ensemble de mes loisirs. Besoin de me nourrir d’informations à l’excès ? D’échanger avec l’Autre ? De me distraire ? J’étais connecté aux réseaux sociaux plus de quatre heures par jour. Quand j’ai dit à ma femme que je voulais « arrêter le chronomètre », elle n’a pas semblé surprise. Elle a souri et m’a dit de foncer. Foncer pour arrêter de foncer. Mais foncer où ? Je voulais le silence et la paix de l’esprit, j’ai tapé « abbaye + trappiste » sur Google – on ne se refait pas –, visité une quinzaine de sites et porté mon choix sur celle qui me semblait la plus belle : l’abbaye de Sept-Fons, aux confins de l’Allier, de la Saône-et-Loire et de la Nièvre. Google Maps m’indiquait trois cent quinze kilomètres. Assez loin pour prendre de la distance, assez proche pour revenir en cas d’urgence (précisons que la peur de la mort me suit comme mon ombre et que je passe plus de temps à imaginer le pire qu’à me réjouir du meilleur).
Lire la suite : l’article de CLES

Le widget téléchargeable sur son ordinateur
Les Sanctuaires de Paray-le-Monial (Bourgogne) innovent sur Internet avec l’initiative « Carême le Coeur Net », véritable programme d’accompagnement sur Internet, avec widget téléchargeable, et surtout, le « coach de Carême ». Interview du Père Bernard Peyrous, recteur du sanctuaire.
Qu’est-ce que le « coach de Carême » et qu’est-ce qu’il n’est pas ?
C’est d’abord un ami quelqu’un avec qui on est en confiance ; c’est aussi une aide, quelqu’un qui va prier pour la personne (la confier personnellement à Jésus) et lui donner un conseil ; à un moment ou a un autre nous avons tous besoin d’un coup de main dans la vie ; c’est ça le coach, rien de plus.
Ce qu’il n’est pas : Un directeur spirituel qui donnerait des ordres ou des conseils impératifs. Quelqu’un avec qui on garde le contact ensuite : le contact est anonyme et ponctuel. Quelqu’un qui verrait dans notre âme : Dieu seul sait le fond de notre cœur.
Ce principe de « coach de Carême » par Internet semble assez innovant… à quel besoin répond-il selon vous aujourd’hui ?
Il répond au besoin de rejoindre les gens partout où ils sont : seuls chez eux ou à l’autre bout de la planète. Entre deux avions aussi parfois (Benoît XVI a parlé d’Internet comme du 6ème continent à évangéliser), pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de l’amour de Jésus ; leur donner le petit conseil qui leur permettra d’avancer, et peut être de faire cette rencontre personnelle avec le Christ (c’est ca que nous vivons ici à Paray) qui changera leur vie !
Les non-encore-croyants sont-ils aussi les bienvenus pour vous poser leurs questions et pourquoi ?
Toutes les personnes sont les bienvenues évidemment ! Jésus s’est adressé à tous ; tout le monde est appelé au salut ! C’est cela qui est merveilleux avec le Seigneur, sa miséricorde est infinie !
Pour en savoir plus : www.paray2020.com
Née à Vannes en février 2010, Spreading Light (« Répandre la lumière ») est une radio qui étonne, estampillée d’office 100% musique chrétienne. Elle diffuse invariablement rock, pop louange, rap, reggae, électro/danse… A peine un an après son lancement, le compteur affiche déjà plus de 65 000 visiteurs uniques et 20 000 heures d’écoute cumulée. Un an plus tard encore, – ces jours-ci – Benoît XVI donne sa bénédiction à Spreading Light en rencontrant les jeunes de l’équipe au Vatican !
Interview de Sylvain Gilardeau, cofondateur de Spreading light (texte issu de Dieu et Internet, partie 4. Créer une webradio, p. 216 et suivantes)
– Comment est née votre web-radio ?
Spreading Light a été lancée le 25 février 2010 par Joseph Auffret et moi. Nous étions alors âgés de 18 et 15 ans. En quelques mois, une équipe de cinq jeunes entre 16 et 18 ans, originaires du diocèse de Vannes, s’est réunie autour de ce projet. Une association a été créée pour donner à notre radio un statut officiel. En un peu plus d’un an, Spreading Light s’est beaucoup développée et ce n’est que le début. Nous avons le soutien de notre diocèse, de la Conférence des évêques de France ; néanmoins, Spreading Light est une radio libre qui ne dépend d’aucune institution.
Le premier but de Spreading Light est de médiatiser les artistes chrétiens.
Ces dernières années, la musique chrétienne s’est énormément développée dans tous les genres et avec des styles qui correspondent à la culture des jeunes. Pourtant, cette musique reste presque inconnue en France, contrairement aux États-Unis. Ensuite, comme on peut le voir dans la bande-annonce de Spreading Light postée sur Dailymotion, notre web-radio répond à l’appel de Benoît XVI :
« Très chers jeunes, engagez-vous à introduire dans la culture de la nouvelle ambiance communicative et informative les valeurs sur lesquelles repose votre vie ! Sachez prendre en charge avec enthousiasme l’annonce de l’Évangile à vos contemporains ! À ces attentes, la foi peut donner réponse : soyez-en les hérauts ! »
L’objectif de Spreading Light est donc par la suite l’évangélisation. Comme le disait Mgr Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France : « Spreading Light est sans prétention, ne fait pas de prosélytisme, mais privilégie le témoignage. » Comme je l’ai dit dans une interview pour le quotidien régional Le Télégramme, « l’évangélisation, oui, mais sans “bourrage de crâne”, on témoigne de notre foi, mais sans volonté de convaincre ; on montre que les jeunes chrétiens se bougent. »
Enfin, étant personnellement passionné par la radio, l’idée d’en faire me trottait dans la tête depuis un moment, et dans le même temps je commençais à découvrir des groupes de musique chrétienne… Ces deux aspects se sont rejoints, grâce à Dieu !
– Quelle est votre programmation ?
La programmation de Spreading Light est basée sur la musique et sur de la « bonne musique », de la musique qui correspond aux goûts musicaux des jeunes : pop, rock, rap, reggae, RnB, électro, dance… J’essaye de sélectionner des titres qui, musicalement, parlent, pourraient être diffusés sur NRJ, Skyrock ou Fun Radio, mais qui ne le sont pas car étiquetés « chrétiens ». Comme le disait un journaliste de Famille chrétienne : « À l’écoute, on constate qu’on est plus proche du Mouv’ et de Skyrock que de Radio Classique. » De plus, notre radio n’est pas commerciale, on diffuse la musique que l’on aime !
– Comment faire passer un message chrétien avec de la musique ?
Le christianisme et la musique ont toujours été très liés. Déjà dans l’Ancien Testament, on retrouve de nombreuses références à la musique, aux instruments, au chant… puis la musique a depuis des siècles accompagné l’histoire de l’Église. Il faut savoir que si on écoute aujourd’hui des musiques urbaines sur Skyrock, c’est en partie grâce au gospel et au negro-spiritual, chants religieux des Noirs lors de l’esclavage ! Aujourd’hui, la musique chrétienne est très variée, on trouve de tout, tous les genres, tous les styles, tous les goûts ; sur Spreading Light, on a décidé de diffuser de la musique « jeune », la louange et faire passer un message chrétien peut être transmis par toutes sortes de musique, même le rap, l’électro ou le metal !
– Comment les radios chrétiennes traditionnelles voient-elles votre initiative ?
Nous ne sommes pas en concurrence avec les autres radios chrétiennes, nous sommes même en contact avec la plupart d’entre elles et nous avons été en partenariat avec une antenne locale de RCF pour produire notre première émission en direct.
– Quels sont les retours, les témoignages d’auditeurs ?
La plupart des jeunes non-croyants ne savent absolument pas ce qu’est la « musique chrétienne », à part la « musique de messe ». Tous sont intrigués, intéressés… beaucoup ont écouté pour « découvrir » et en règle générale, ils apprécient beaucoup. Certains jeunes non-croyants nous écoutent et nous soutiennent beaucoup plus que certains croyants ! Spreading Light dépasse les frontières : j’ai été interviewé sur Radio Vatican, un magazine polonais et une radio portugaise. De plus, on a reçu quelques témoignages dont un de Chicago, en anglais : « J’aime votre station, je travaille dans une université chrétienne de Chicago. J’écoute votre radio tous les jours à mon travail. Je me sens élevé par votre musique du monde entier. En faisant le tour du monde, votre station me touche avec votre “lumière”. C’est la meilleure radio de musique chrétienne ! »
Pour écouter cette radio en ligne : Spreading light
Hervé Marie Catta, auteur du livre Des menhirs à Internet, la nouvelle évangélisation et J.-B. Maillard étaient les invités de Nathalie Zanon dans l’émission Midi magazine de vendredi dernier sur Fréquence protestante, pour parler de l’évangélisation par Internet.
Réécouter directement l’émission ici :
Recension : Dieu et Internet était le coup de coeur de Pèlerin (février 2012).



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